Ludovic VIALLA

Boardgame Designer

Enfant...

j'apprends les dames à la maison, les échecs et le tarot en colonies de vacances et le rami avec ma grand-mère et ses copines retraitées.

Pré-Ado...
j'apprends que l'univers du jeu ne se limite pas au Monopoly et à Richesse du Monde. A l'heure de la récréation, je découvre le numéro 20 de Jeux & Stratégie. Je pense que c'est ce jour précis de 1982 qui déclenche ma passion.

Ado...

j'apprends à ne plus réviser mes leçons pour aller jouer en club : jeux de rôles, jeux de société, jeux d'histoire... je fais la connaissance de joueurs qui comme moi, 20 ans plus tard, deviendront des professionnels du jeu.
Je découvre en particulier des auteurs de jeux édités ou à l'état de prototype. Aussi étonnant que cela puisse paraitre, je réalise que derrière un jeu se cache un auteur et pas simplement un éditeur. On peut donc créer des jeux...

Etudiant...

 j'apprends à rater mes études.
Je préfère jouer aux échecs avec les retraités du parc du Luxembourg ou peindre des figurines napoléoniennes pour mes parties de jeu d'histoire. Je découvre Abalone et devient champion de France. 8 ans après avoir découvert Jeux & Stratégie, je me retrouve cité dans ce magazine, la machine est lancée. J'apprends cependant que la machine peut se gripper et que la patience parentale n'est pas infinie, qu'il est possible de faire sauter un sursis et de se retrouver à l'armée en moins de temps qu'il ne faut pour le dire...

Vingtenaire...

Je découvre que si le jeu est une passion, il ne fait pas vivre. Avec un peu d'appui, je me retrouve donc salarié au sein d'une entreprise automobile italienne pour développer les méthodes commerciales puis prendre en charge l'école des ventes et la formation continue.

Trentenaire...

Je découvre la crise de la trentaine.
En 2002, un consultant vient me présenter son offre de formation incluant un jeu. C'est un choc, on pratique le jeu en entreprises ? Je présente mes idées de jeux à ce consultant qui me présente rapidement son boss. Deux mois plus tard, je donne ma démission et intègre ce cabinet de formation pour développer l'offre "Erudia Jeux".

Je m'engage sur plusieurs fronts ludiques : le développement de jeux pour entreprises, l'animation d'un forum de créateurs de jeux en herbe ou la rédaction d'articles dans un magazine papier, en prenant ma plus jeune fille comme cobaye ludique.

Il existe depuis 1977 un concours international de création de jeux de société. Certains jeux primés sont devenus des succès comme Abalone, Formule Dé, Small World ou Maré Nostrum pour n'en citer que quelques-uns. Je me lance donc dans la compétition et remporte ce concours en 2003 avec Sleep Kangourou, 2006 avec Les croisées du temps qui deviendra Khronos et 2009 avec Lutins Malins qui deviendra Korrigans.

Quadra...

 Je découvre la crise de la quarantaine...
Il me trotte dans la tête de faire un jeu d'hypermarché. Dans le petit monde ludique, c'est comme se fourvoyer mais j'ai envie de voir, juste une fois, une boite que j'ai signé à Auchan ou Toysrus.
Au début des années 2010, la mode est au développement durable, les entreprises ne parlent que de ça. Nous nous associons à un prospectiviste et nous abreuvons de messages "Be Cool, Save the Planet". Mais concrètement il ne se passe rien côté entreprises, pourtant je suis bien sensibilisé au sujet. Alors je profite d'une opportunité et d'un lien avec la maison d'édition M6 interactions et je fais un jeu avec Mac Lesggy.

Faire des jeux étant déjà mon métier et mon quotidien, je ne souhaite pas entrer dans une démarche commerciale dans le cadre de mon loisir et j'évite donc de me promener dans les salons, prototypes de jeux sous le bras, pour tenter de signer un jeu avec un éditeur. La crédibilité et la notoriété du concours de création me permet donc d'accéder à l'édition sans avoir à me vendre. J'avais toujours rêvé d'avoir mon nom sur une boite, au moins une fois, pour marquer mon passage. Je signe Khronos en 2006 et Utopia en 2007.

Au delà de ces succès, ce concours annuel rythme ma créativité et m'impose de finaliser au moins un ou deux jeux par an : K'arnaque, Trafic Mafioeufs, Dockers, Nobel&Fields et j'en passe sont autant de jeux inscrits au concours qui sans avoir été récompensés, me permettent de garder l'esprit vif.
 

mission accomplie, mon jeu se retrouve dans les rayons de Carrefour.

 

Je ne lache pas le concours de création car je garde l'esprit de compétition : J'atteins la finale en 2011 avec L'égout et les couleurs et en 2014 avec Death Canyon. Un ami co-auteur devenu entretemps éditeur décide de donner une chance à Lutins Malins primé en 2009 et qui devient Korrigans en 2015.

Quinqua...

C'est encore tout récent, pas de crise en vue...